L’Homme doit être placé à la fois aux origines et aux fins de l’action politique

      Macron n'est pas la France !


« Non, Français, vous n’êtes pas coupables, vous ne devez rien. Le chômage, la catastrophe urbaine, le déclin de la langue, ce n’est pas vous ; le racisme, ce n’est pas vous, contrairement à ce qu’on vous fait croire. »
 Bernard MARIS, " Et si on aimait la France "
Assassiné à Charlie Hebdo le 7 janvier 2015
           
   Associé symboliquement au coquelicot, "le-peuple-president" est un mouvement citoyen, construit sur un jeu de mots signifiant « le citoyen préside ». Si chacune ou chacun est porteur de sa propre loi, c'est ensemble que nous vivons nos singularités, car L'UN ne s'exprime qu'au MULTIPLE. Comme le peuple est une multitude, préside se conjugue au pluriel, et devient : « le peuple président ».

Mais où préside-t-il ?


Dans les luttes quotidiennes pour le respect de la dignité humaine, et en accompagnant toutes les activités citoyennes animées par la même philosophie : sauvons-nous nous-mêmes ( "L'internationale" d' Eugène Pottier en 1871). Le Peuple Président participe de ces vagues citoyennes qui cherchent simplement des modalités d'action sur lesquelles elle a collectivement une prise directe. Individuellement, nous refusons d'être une simple machine à voter. Nous sommes comparables à des "sans-papiers" qui refuseraient d'être politiquement régularisés.

Le néolibéralisme sévit depuis près de 40 ans. Il s'exprime par une mise en concurrence des populations, une casse sociale généralisée, des délocalisations de « savoir-faire » et un nivellement par le bas des salaires et des standards sociaux. Cette décadence du politique se traduit par une pauvreté et une précarité féminines croissantes, plus d'un million de jeunes qui ne sont ni dans l’éducation, ni dans l’emploi, ni en formation ; le paysan qui n'est que souffrance quand le chômeur s'enferme dans la circularité de ses problèmes quotidiens. C'est maintenant une évidence que la vie en société détermine notre vécu : le stress, l’anxiété et la dépression  transforment les inégalités sociales en inégalités de santé.

Contre la résignation, nous avons eu l'idée populaire d'un "Peuple Président". Le peuple n'est pas un agrégat d'individus définis par un territoire. Historiquement, il est « lié » par un processus de domination, le pouvoir d’État (et ses appareils idéologiques), et de résistance à cette domination. Contrairement à un parti politique, le peuple ne peut donc pas être un élément de l'Etat, mais la « chose » (sujet réifié) sur laquelle cet Etat exerce son pouvoir souverain, son monopole de la violence légitime (pour Spinoza, "un Etat ne connaît d'autre valeur que sa sécurité"). 

Né en avril 2014, lors des élections municipales, Le Peuple Président n'est qu'une association de singularités dans laquelle le libre épanouissement de chacun est la condition du libre épanouissement de tous. L'engagement commence par une exigence de classe vis-à-vis de soi-même, une sorte de vigilance, puisque chacun est l'architecte et l'explorateur de sa liberté critique. Puis, la phase collective s'opère par sédimentation : chacune et chacun y vit à son rythme et selon ses besoins du « moment ».

L'émergence du peuple, en tant que « nous » collectif, s'explique en grande partie par les turpitudes des élites du pays, qui la qualifie de populisme.  L'élite n'est pas la majorité et un peuple dont la seule fonction serait de déposer un bulletin dans une urne ne l'est plus : c'est une "masse" d’individus.

Le Peuple Président est une façon de dire NON au reflux des vagues citoyennes et NON à une femme ou un homme s'autoproclamant « candidat  naturel ». Ainsi, du fait de la situation particulière qu'est une élection présidentielle, la candidature d'un de nos membres ne peut être comprise que comme une délégation, fondée sur une autorité de compétence.

Actuellement, c'est le militant des droits de l'Homme Daniel Adam du Conroy, qui ouvre le bal de ce suffrage majoritaire à deux tours, dont le principe de fonctionnement anti-démocratique est immuable :

- les médias "trient" les candidats potentiels, en éliminant ceux qu'ils considèrent comme "petits", dans le mépris total de l'article 1er de la déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 : les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. La DUDH de 1948 pmrécise dans son article 1er : " égaux en dignité et en droits" .

-  aidés par les sondages-publicitaires quelques élites de 500 élus choisissent leur candidat respectif. L'avis des citoyens n'est surtout pas sollicité, puisque cette élite les représente ;

- les médias et les partis politiques désignent "l'un des leurs" qui servira d'épouvantail, mais ne sera pas "financièrement" sacrifié. Grâce à l'election législative qui suit, il reservira. 

Un seul mandat pour une Constituante, prenant en compte les doléances du peuple, réformant le Code électoral pour une reconnaissance "entière" du vote blanc et remplaçant le Sénat par une Assemblée Citoyenne , chargée de surveiller la conduite de l'Etat .

Concordances troublantes

Entre 1300 et 1460, la société européenne est plongée dans un drame longtemps ignoré, minimisé, voire même occulté par les historiens. Sur un fond de dépression économique, épidémies, conflits militaires, politiques et sociaux conjuguent leurs effets dévastateurs. Surtout, les symptômes de décomposition sociale se multiplient : les groupes sociaux se raidissent dans la préservation de leurs intérêts propres, l’exclusion devient un phénomène de masse, la violence et la corruption gangrènent la vie politique et détruisent les avancées démocratiques de ce qui fut le beau Moyen Age. Enfin, à la faveur de la débandade générale, l’irrationnel triomphe dans l’ordre intellectuel.

Certes, l’histoire ne se répète jamais. Cependant, que de signes analogues, sous nos yeux, dans le monde contemporain.

Guy BOIS" La grande dépression médiévale : XIVe - XVe siècles, le précédent d'une crise systémique ", 2000.

Michel Fugain  Le chiffon rouge


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