Avant d'affirmer que la France est en guerre, il faut répondre à la question : pourquoi est-elle une cible ?

« L'intelligence défend la paix, elle a horreur de la guerre. » 
Paul Vaillant-Couturier

In memoriam

13 novembre, et après ?

Noémie adam-cuvillier


















NE JAMAIS OUBLIER

Déclaration du 27 novemnre 2015

« Non, Français, vous n’êtes pas coupables, vous ne devez rien. (...)  le racisme, ce n’est pas vous, contrairement à ce qu’on vous fait croire ».
Bernard MARIS, " Et si on aimait la France ", assassiné le 7 janvier 2015

Les attentats du 13 novembre à Paris, après ceux de la veille à Beyrouth, provoquent l'horreur et la révolte, par la barbarie commise à l'encontre de civils partageant amicalement leur soirée. Quoi qu'on pense de la situation et de ses causes, outre l'ineptie des mots de circonstance, la dignité commandait au respect du temps du deuil. Pour moi, il était impératif d'attendre qu'on rende aux corps l'hommage de la sépulture et d'attendre la fin de la sombre litanie des enterrements. 

C’est donc d’abord aux victimes , à leurs familles et à leurs proches (des deux côtés de la Méditerranée) que j'exprime toute ma fraternité. Ma profonde sympathie va à tous ceux qui se sont portées à leur secours. (J'ai une grande pensée pour les "hospitaliers", alors même que leur santé se dégrade sous la “rationalisation des coûts". Je n'oublie pas notre police et notre gendarmerie, pour lesquels l'application de la même rationelle budgétaire  a entraîné  des suppressions  d'emplois policiers et des  suppressions d'escadrons de gendarmes)

Le nombre de morts et de blessés ne suffira pas à comptabiliser les douleurs. Face à toutes ces vies brisées, qui peut continuer la sienne comme si de rien n’était ? Pas moi. 

Après « Charlie Hebdo » et l' « Hyper Casher », les fils de putes de Da’ech ont choisi des cibles hautement symboliques. Là, le stade de France, où le temps d'un match s'abolissent les inégalités sociales. Ici, une salle dédiée à la musique. Ici encore, des cafés et restaurants de quartier fréquentés par tout un chacun. Leur cible est notre «  vivre ensemble », celui qui favorise l'expression de nos singularités, sans distinction d'origine, de croyance, de couleur de peau ou de sensibilité politique. « Nos » droits de l'Homme et la laïcité de notre République sociale sont leurs ennemis.

Rien ne peut justifier ou minimiser ces carnages, commis au nom de l'interprétation démente d'une religion. Face à une telle barbarie, il ne saurait être question de tolérance à l'encontre d'un Islam, porteur de haine et de violence. Cette forme de religion doit uniquement être combattue parce qu'elle massacre, mutile, égorge tous ceux qui ne sont pas jugés purs selon leurs critères obscurantistes. Assassiner au nom de Dieu ne confère pas un statut d'humanité, pas plus à Paris qu’à Beyrouth ou Bagdad. 

Chaque attentat, se revendiquant de l'islam, nourrit son lot de fantasmes. Si tous les musulmans ne pratiquent pas ce devoir religieux qu'est le djihad, tous les « bouchers » du moment sont des musulmans. Par calcul électoral, ou par la rhétorique d'une incurable stupidité, certains politiciens cherchent à nous diviser. Par souci de ne pas « stigmatiser » les musulmans, il ne faut surtout pas faire référence à leur religion ! Quant aux « va-t-en-guerre », ils se gardent bien d'évoquer l'extermination de milliers de musulmans kurdes, syriens ou iraquiens refusant allégeance à l’État Islamique ! Pire, une députée du FN (parti qui s'érige en défenseur de la laïcité) hiérarchise notre humanité, sur la base de critères religieux ! 

Depuis les attentas du 11 septembre 2001, les gouvernements occidentaux, sous la conduite des USA, et leurs alliés ( en particulier l’Arabie Saoudite) se sont engagés dans une guerre « de civilisation », provoquant quotidiennement la mort de civils parmi les populations majoritairement arabes et/ou musulmanes. D'abord l'Afghanistan, où 89 de nos soldats ont été tués, et 700 autres blessés, en participant à une opération de « pacification », de 2001 à 2014. Puis, en 2003, l’invasion de l’Irak, qui ne se justifiait que pour la prise de contrôle des ressources énergétiques. Ce terrorisme d’Etat a fabriqué des monstres. Sans l’invasion idiote de Bush en Irak, contre laquelle j'ai manifesté à Paris, Da'ech n'existerait pas ! Bien plus grave, la diffusion du « terrorisme » s'est mondialisée. 

Faut-il également oublier que, sous l'occupation soviétique, les talibans d'aujourd'hui (et donc Ben Laden) étaient « résistants », armés par les USA et financés par l'Arabie Saoudite !

Il est donc indécent d'entendre que la France est en guerre depuis le 13 novembre

Par ailleurs, nous sommes en droit de nous interroger sur les conséquences géopolitiques de l'irresponsabilité du président Sarkosy. En 2007, il reçoit le dictateur Kadhafi à l'Élysée, pour mener ensuite, en 2011, la « guerre » de Libye , approuvée par le PS. En 2008, il invite le dictateur Assad à assister au défilé du 14 juillet, tout en faisant préciser par son émissaire (Boris Boillon) : « Nous ne ferons pas de la question des droits de l’homme une condition » pour sa venue !  

C'est de ce « doux merdier » et de la guerre de Libye (1) qu'hérite le président Hollande, en 2012, qui commence intelligemment son quinquennat en annonçant le retrait accéléré de nos troupes d'Afghanistan. Par contre, c'est bien une guerre, de type colonial, qu'il mène contre « les terroristes » d’Aqmi (al-Qaida au Maghreb islamique) et « pour la démocratie au Mali », bien qu'elle y soit bafouée par des régimes corrompus. Le Mali, étant en plein centre du Sahel, le peuple aura compris qu'il s'agissait plutôt de sécuriser l’approvisionnement des centrales nucléaires françaises en uranium.

Pour la Syrie, ses volte-face n'ont d'égale que son impuissance à protéger le peuple de France. Il y avait urgence à éviter la partition d'une région déstabilisée par l'intervention des USA en Irak, en 2003. Et ce, malgré l'évidence des guerres d'influence religieuse qui s'y livrent entre les chiites, soutenus donc par l'Iran, et les sunnites, soutenus par les pays du Golfe. Le défaut d'une  stratégie claire pour venir à bout de l’État Islamique, a  été renforcé par  le ministre FABIUS qui déclarait,  le 28 janvier 2013,  qu'Al-Nosra, la branche armée syrienne d’al-Qaida, faisait du bon boulot sur le terrain ! Le même al-Qaida que nous combattons au Mali, après celui d'Afghanistan ! Comment faire la guerre à l'un tout en saluant l'autre ? Car, si Da'ech tombe, le Front al Nosra, ou un mouvement concurrent, le remplacera dans l'horreur ! D'un point de point de vue géopolitique, la position de la France en Syrie est totalement irréaliste.

Notre politique étrangère est sans vision stratégique quand nous vendons des équipements militaires aux pays du Golfe et des Rafales puis des Mistral à l’Egypte. L'Arabie Saoudite est co-fondateur d’Al-Qaïda et ancien financier de Daech. Avec le Koweït, la Turquie, le Qatar, ce pays finance et arme des djihadistes, comme ceux du front Al-Nosra en Syrie. Tous ces pays subordonnent « nos » droits de l'Homme (de 1948) à ceux définis par la « Déclaration du Caire sur les droits de l’homme en Islam ». Leurs droits et libertés sont ceux dictés par Dieu « dans les Livres révélés » (Coran et Bible) et sont soumis à la loi islamique (charia). La femme est ainsi égale en dignité mais pas en droit !

Il est grand temps de remettre la pendule diplomatique à l'heure des droits de l'homme.

Impossible ici de ne pas citer Pierre KROPOTKINE : « À chaque grand événement de l’histoire correspond une certaine évolution dans la morale humaine. Certes la morale des égaux n’est pas la même que celle du riche charitable et du pauvre reconnaissant. À un nouveau monde il faut une nouvelle loi ». Ces « paroles d'un révolté » entrent en résonance avec mes propositions, éditées avant le 7 janvier 2015  : 

  1. 1 - Inscrire dans la Constitution les principes de la loi de 1905, dite de séparation des Églises et de l'État, et qui ne survit qu'en l'état de peau de chagrin. Depuis cette loi, notre République est dite laïque, une et indivisible. C'est au nom de la liberté, de l'égalité et de la fraternité que la laïcité assure la liberté de conscience et donc de culte, ainsi que leur libre exercice. Par contre, la puissance publique n’a pas compétence pour mettre son nez dans les affaires internes d’une religion. Comme la République ne reconnaît pas les cultes, ces derniers ne peuvent pas bénéficier de l'argent public. La parade financière est d'inclure un lieu de prière dans un centre culturel  ou encore d'obtenir un bail emphytéotique auprès d'une commune ! Abrogation du statut clérical d’exception d’Alsace-Moselle (dont le coût est de 59 millions d’euros par an) 
  2.  
  3. 2 - Dans le désordre actuel, il est indispensable de réaffirmer le caractère universel et indivisible des droits de la femme, de l'homme et de l'enfant. De plus, devrait être constitutionnalisé le « droit de mourir dans la dignité » ainsi que celui, pour la femme, d'avoir un « accès aisé à l'avortement ».

  4. 3 - Retour la tradition diplomatique de la « neutralité » au Moyen-Orient, initiée par le général de Gaulle. Reconnaissances : 

    1.  - de l’État palestinien. Israël ne respecte ni les termes de son adhésion à l'ONU en 1949, ni la Déclaraton Universelle des Droits de l'Homme de 1948 ni les résolutions annuelles lui demandant de respecter ses engagements.
         - de la République Arabe Sahraouie Démocratique. Résolution 1514 de l'ONU sur l'application du principe d'autodétermination des populations du Sahara occidental .

         - de l'autonomie du peuple kurde.

En finir avec le présidentialisme de la Ve République, qui rend idiots nos politiciens, en les engageant dans des luttes de clans et d’ego. En matière de politique étrangère et surtout d’intervention mitilitaire, elle donne un rôle démesuré au « monarque républicain », puisqu' il peut exporter la mort sans l'autorisation de l'Assemblée nationale. Par nos droits de l'Homme, nous ne sommes pas des sujets, mais des citoyens. Le moment est donc venu d'édifier une VIe République par une assemblée constituante à la proportionnelle, reposant sur les doléances préalables du peuple.

La laïcité et les droits de l'Homme sont des principes non négociables. Seule la vérité fait sens en justice. Nous la devons à toutes les victimes.

Les assassins, bien que recrutant dans la crédulité des bas-de-plafond, disposent de moyens financiers énormes. Il faut donc dénoncer le terreau qui anime et alimente ces fanatiques. Depuis les révoltes des banlieues d’octobre et novembre 2005, et l’appel aux religieux par le gouvernement et les médias, leurss populations ont été sacrifiées à l’ordre moral, la religion fournissant une « compensation » au sentiment d’insécurité sociale.

L'urgence exige : 

  1. Des travailleurs sociaux, parce qu'ils ont un rôle pivot, comme trait d'union entre une banlieue en relégation et le reste du pays. Accompagnateurs, ils sont à la source de l'expertise sociale. L'éducation nationale doit revenir à son rôle premier : instruire !
  2. Recrutement de conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation (1 pour 140 en France contre 1 pour 30 en Suède) et d'éducateurs de la Protection Judiciaire de la Jeunesse.
  3. De garantir le financement public des besoins sociaux, contre une financiarisation bancaire des associations (SIB ou IIS). Soutien budgétaire des projets autogérés. La charité ne remplacera jamais la justice sociale et l'égalité. Aussi, la priorité sera donnée à la lutte contre la criminalité financière et à la pénalisation de l'évasion fiscale. Tout ce fric est volé au peuple. : adieu crèches, écoles, centres culturels, maisons de retraite !

    1. 1 -  Comment peut-on penser que Sarkosy soit intervenu en Lybie pour soutenir une révolution locale ?
    2. Les épigones de Mélenchon prétendent aujourd'hui que ce dernier, en soutenant le renversement du régime libyen, aurait été dupé par le détournement par Sarko l'américain (et son majordome Fillon) du  vote de la résolution 1973 (2011) du Conseil de sécurité de l'ONU, sur la protection des populations civiles ! Ce que ne traduisent pas exactement ses propos de l'époque : « Si le Front de Gauche gouvernait le pays, aurait-il  regardé les bras croisés la révolution libyenne mourir comme nos prédécesseurs avec les révolutionnaires espagnols ? Non. Serions-nous intervenus directement nous-mêmes ? Non plus. Nous aurions demandé un mandat à l’ONU. C’est exactement ce qui vient de se passer. Je peux soutenir une démarche quand l’intérêt de mon pays coïncide avec celui de la révolution » (http://www.jean-lucmelenchon.fr/2011/03/page/2/).


Laicité, peau de chagrin

Guerre

sur la Syrie

Il convient de rappeler brièvement la situation de la Syrie, Etat sur le territoire duquel l’insurrection populaire, effet domino du "printemps arabe  » , a laissé place à un conflit armé. 

Depuis mars 2011 et le célèbre slogan « t'on tour arrive, docteur » 2, le conflit s’est enlisé et complexifié. A l’heure actuelle, l’imbroglio est dû à une pluralité de facteurs (écoulement du temps, multiplicité d’acteurs, intérêts géostratégiques pluriels) et la crise syrienne est devenue un véritable échiquier sur lequel s’affrontent les puissances mondiales

Sur le terrain, les belligérants sont multiples et de diverses natures : forces gouvernementales, groupes armés anti-gouvernementaux (tels que les entités affiliées à l’Armée syrienne libre et les groupes comme Ahrar Al-Sham), Daech, Front el-Nosra, etc. De surcroît, l’intervention d’Etats étrangers isolés, ou par le biais d’une coalition protéiforme, a donné un nouvel aspect au conflit rappelant, avec Raymond Aron, qu’on ne saurait « méconnaître les liens multiples entre ce qui se passe sur la scène diplomatique et ce qui se passe sur les scènes nationales » 3.

Rachel Lucas, « Loin des yeux, loin du cœur » : http://revdh.revues.org/2403 

1 FEUERSTOSS (I.), « Guerre civile en Syrie : le retour du refoulé », Politique étrangère, 2012, n° 3, p. 602.

2 Il s’agit du slogan qu’avait inscrit sur le mur de leur école, à Deraa, une quinzaine d’enfants en mars 2011. « Docteur » est le surnom de Bachar el-Assad, ophtalmologue de formation. Pour cela, ils furent arrêtés et torturés par les forces du régime, sonnant le départ du soulèvement populaire.

3 ARON (R.), Paix et guerre entre les nations, Paris : Calmann-Levy, 1975, p. 18.

Le Yemen est SI loin et Si proche !

Abolir les exportations d'armes


« Lorsque la frappe a commencé, 19 personnes se trouvaient à l'intérieur de la maison. Toutes des femmes et des enfants – sauf un homme. Les enfants, qui sont généralement dehors pendant la journée, se trouvaient à l'intérieur pour le déjeuner. Ils ont tous été blessés ou tués. Parmi eux, un bébé de 12 jours. »

Abdullah Ahmed Yahya al Sailami, dont le fils âgé d'un an a également péri.

Le bruit des armes ne nous atteint pas. Cette guerre se déroule si loin. Au Yémen, la coalition menée par l’Arabie saoudite bombarde depuis un an. Des bombes à sous-munitions sont même lancées sur des écoles, des quartiers résidentiels. Ces frappes visant des civils constituent des crimes de guerre.


Les morts non plus, depuis la France, nous ne les voyons pas.


Depuis le 25 mars 2015, près de 3 000 civils, dont plus de 700 enfants, ont été tués, et 5 659 blessés.
Pourtant, cette guerre si loin… est très proche de nous.


Car la France, en matière de vente d’armes, a comme premier client l’Arabie Saoudite. Et ce, en dépit du Traité sur le commerce des armes que la France a ratifié, qui interdit tout transfert d’armes risquant de servir à commettre des crimes de guerre.


Or, nos rapports sur la situation au Yémen indiquent clairement que les civils ne sont pas épargnés. Il faut faire cesser immédiatement ces exportations !

Amnesty International

Démocraties sous stress - Les défis du terrorisme global

Le terrorisme djihadiste révèle les peurs secrètes des sociétés démocratiques : la crainte d’une division de la Cité et d’une dislocation du monde, d’un pouvoir abandonné par l’autorité et d’un droit dépassé par le fait.
Parce qu’il ne vise plus seulement à atteindre l’intégrité territoriale d’un État mais l’intégrité morale de la société en niant radicalement ses mœurs, ses manières de vivre et ses principes politiques, il menace la nature même
de la démocratie. Placées ainsi sous pression, nos démocraties se trouvent exposées au couperet d’une double injonction : une réaction sécuritaire excessive au mépris de la liberté qui les fonde, ou la capitulation, que serait
une trop grande clémence. Pour dépasser cette alternative, il faut opposer à la dialectique de la guerre et de l’état d’exception le fil rouge d’une épreuve démocratique qui met sous stress la Constitution et les institutions.
Car les armes à opposer au terrorisme ne sont pas seulement guerrières, policières ou procédurales : elles reposent sur notre capacité à cultiver les vertus démocratiques de résistance et de sérénité.

Pourquoi la France est une cible.

Guerre de Sarkozy

En 2009, Sarkosy prit l'initiative de réinsérer la France dans le commandement intégré de l'Otan.

Mais, pour sa guerre contre son "ami" libyen, il prétendit pouvoir la lancer sans l'aide de Washington, avec l'aide de Cameron et quelques petits Etats pétroliers. Le président français était hostile à toute participation des Etats-Unis et de l'Otan à ce conflit. 

Or, les Américains fournirent missiles et bombes en quantité, renseignement aérien et soutien logistique aux avions français et britanniquesn ainsi que l'envoi dec 192 missiles de croisière Tomawak sur les forces de Kadhafi.

 Avec la mobilisation de 4300 Français (pilotes, techniciens, marins) et la venue du "Charles-de-Gaukle", du sous-marin nucléaire "Rubis" et d'une flotte française qui totalisa jusqu'à 27 navires, Sarkosy écrivit "une romance historique", en se donnant le beau rôle.

Source : Etude de la Rand Corporation.

Depuis, la Libye est un centre d'opérations idéal pour les actions à mener en Algérie, en Tunisie, au Sahel et dans l'Ouest africain.

Gagner la guerre 
ou gagner la paix

" Une stratégie basée sur les seuls effets militaires ne pourra jamais agir sur les racines de la violence quand celles-ci s'ancrent dans le manque d'espoir, d'éducation, de justice, de développement, de gouvernance, de considération. L'action militaire n'est qu'une partie de ma réponse aux crises... Gagner la guerre ne suffit pas à gagner la paix, et on ne détruit pas une idéologie (terroriste) uniquement avec des bombes."


Pierre de Villiers, chef d'état-major des armées, université d'été de la Défense, 6 et 7 septembre 2016

Le "foutoir lybien"

Comment expliquer le chaos qui règne en Lybie, depuis 2011, et la fin de cette guerre menée par Nicolas-Sarkozy et David Cameron, avec le soutien de François Hollande ?
En France, aucune commission parlementaire n'a, bien entendu, été chargée de s'intéresser aux raisons qui ont conduit Sarkozy à se lancer dans pareille aventure. A  Londres, en revanche, le comité des Affaires étrangères de la chambre des communes a rendu public, le 14 septembre 2016, un rapport accablant pour les promoteurs de cette intervention irresponsable, que le Conseil de sécurité de l'ONU avait autorisée pour "la seule protection des populations civiles", alors que les bombes françaises et britanniques tueront des Lybiens par dizaines de milliers.

 

Trous dans la raquette

La création de la DCRI en 2008 a désorganisé en profondeur les services de renseignement, comme l'ont souligné les tueries de Merah en 2012, à Toulouse et Montauban. Depuis, malgré les lois antiterroristes qui s'empilent, ces services, débordés, ont de plus en plus de mal à évaluer la dangerosité des djihadistes de retour de Syrie. 

Voici ce qu'écrivait Laurent LEGER dans Charlie Hebdo du 14 janvier 2015

" En janvier 2015, VALLS avait achevé la réforme du renseignement intérieur lancée par SARKOZY : fusion des res RG (renseignement de terrain) et DST (contre-espionnage). Cela a donné la DCRI (Direction Centrale du Renseignement Interieur), transformée par VALLS en DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure, dotée d'un budget propre, directement rattachée au ministre de l'Intérieur. Un grand chantier destiné à en faire la crème des crèmes des contres-espions. Que s'est-il passé pour que les « trous dans la raquette » soient si larges, alors que l'organisation du renseignement d'aujourd'hui n'est autre que le grand œuvre de VALLS ?Après les attentats de janvier, plus de 400 personnes ont été recrutées à la DGSI : essentiellement des ingénieurs. Pas le profil à aller enquêter sur le terrain !"

 Et ce qu'en dit Jean-Marie DELARUE, dans un entretien qu'il a accordé à Challenges le 27 novembre 2015 :

" la suppression des Renseignements généraux (RG) décidée par Nicolas Sarkozy en 2008 a été une erreur profonde. Cela nous a privé du renseignement basique. La DCRI s’est coupée en quelque sorte du terrain. On a remédié en partie à cela avec la création du Service central du renseignement territorial (SCRT) en 2012. Autre reproche que l’on peut faire au renseignement : être trop technologique. La nouvelle loi sur le renseignement ne doit pas nous donner une illusion technologique. Il y a une tentation technique qui est l’idée que l’on va tout écouter, tout suivre. C’est d’abord le terrain qui prime."

Effort de guerre

Le 16 novembre 2015, devant le Congrès réuni à Versailles, Hollande avait promis l'octroi de forces de l'ordre supplémentaires, en embauchant 5000 flics et gendarmes en deux ans (que Sarkosy avait supprimé).
Le 22 novembre, le gouvernement a supprimé par décret 850 000 euros destinés pour moitié à la police et à la gendarmerie. Soit, le coût annuel de 30 flics de base.
Ce même décret précise que cette somme sera destinée au financement des réunions et autres comités interminbistériels !

Fanatisme religieux

Le fanatisme gagne du terrain sur la planète. Le plus souvent au nom de l'islam.
Ce sont des fous de Dieu qui posent des bombes, qui lapident et pendent d'innocentes victimes, ce
sont ces fanatiques qui décapitent en postant leurs odieuses vidéos sur les réseaux sociaux,paradent armés jusqu'aux dents sur leurs 4x4 dans le désert. Ce sont des fanatiques riches qui financent les guérillas d'autres fous et prennent en otage tout un continent.

Daniel RUIZ in " La Montagne", le 18 avril 2014

Les racines du mal

Edgar Morin nous convie à une réflexion sur la prévention du fanatisme, un mot plein de sens et sans doute moins ambigu que le terme polysémique de radicalisation. Morin pose que « nul ne naît fanatique ». Mais il peut le devenir progressivement s’il s’enferme dans des modes pervers ou illusoires de connaissance, fait-il observer. Selon Morin, les trois piliers du fanatisme sont le réductionnisme, le manichéisme, la réification. La réduction, écrit-il, est ainsi un chemin commun à l’esprit de guerre et surtout à son développement en temps de paix, qui est le fanatisme. Et le chercheur de convoquer l’enseignement pour déraciner cet aveuglement total de l’esprit. « Car déraciner [le fanatisme] est préventif alors que déradicaliser vient trop tard, lorsque le fanatisme est consolidé.»

Les racines du mal


Guerre sociale

Charlie Hebdo 
Et L'Hyper Cacher

En quoi ces assassins se différencient-ils des autres français ? Une interprétation débile de leur religion. Or, il n'appartient pas à une république laïque de définir la normalité d'une religion. Par contre, en n'accordant plus de dérogations à la loi de 1905, dieu reconnaîtra les siens !  

  Studio de la terreur

Un Homme est agenouillé près d'un trou. Un enfant le vise avec un pistolet : son défin est de le tuer d'une seule balle et que la victime tombe dans sa sa tombe.
Ce sont des scénaristes qui popularisent les méfaits des égorgeurs au drapeau noir. Et ce sont des hommes de l'ombre (réalisateurs, cadreurs, éclairagistes, preneurs de son) qui mettent l'effroi en scène puis diffusent sur interent.
Les disciples du califat sont passés maîtres dans l'art de la propagande. 

Enfants de la génération numérique, gavés de films d'horreur et de jeux vidéo, ils renvoyent l'Occident à une terreur qui leur est familière.

" Le studio de la terreur, à l'intérieur de la mùachine de propagande de Daesch", le 20/09/2016 sur Canal+