Seul le service public garantit l’égalité entre la terre et le béton.

L'intérêt local est déterminant.

L'intérêt local est déterminant. Seul le service public garantit l’égalité entre la terre et le béton. La primauté politique du village, entité démocratique par la proximité, doit être donnée sur les métropoles féodalisées des barons politiques. Plus le territoire est important, plus les élus échappent au contrôle citoyen, et plus s'agravent les inégalités sociales. La France compte une dizaine de métropoles. La métropole a pris corps loin des citoyens, ainsi Lyon regroupe 59 communes et 1,3 million d'habitants. 


1 - La commune préside à la destinée du village ou de la ville qu’elle édifie. Base territoriale de la démocratie, elle est l’esprit de son élément physique. Pour une commune, la liberté n'est réelle que par celle de s'associer ou non avec d'autres communes. L'intercommunalité ne se justifie donc que pour « faire et partager pour mettre ensemble » et non pour dissoudre un municipalisme s'ancrant par la démocratie directe.

2 - Seule une relation de proximité, ciment politique, permet aux communes rurales de s'adapter à des enjeux de territoire, d'élaborer des politiques locales pertinentes et de développer l'action publique au plus près des besoins, en s'appuyant sur une intercommunalité choisie.

3 - L'objectif général de la loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) vise à anéantir insidieusement le niveau de proximité qu'est la commune en concentrant les pouvoirs et les moyens financiers en diminution dans des regroupements obligatoires. Cette concentration des pouvoirs et des moyens par des collectivités de plus en plus vastes, dans lesquelles les communes n'auront que des compétences réduites et aucun pouvoir de décision, sera toujours plus opposé aux attentes des habitants. Dans l'immédiat la commune ne vas pas disparaître. La volonté est clairement exprimée de la dissoudre dans l'intercommunalité par la raréfaction des ressources, par des mesures indirectes ou obligatoires, comme de nouveaux transferts obligatoires de compétences. En acceptant la loi NOTRe, les conseils municipaux se font les relais du pacte d'austérité alors qu'ils ont une mission de service public.

4 - Soutenir la primauté politique du « local », c'est rappeler que l'urbanisation des terres agricoles atteint l'équivalent de la superficie d'un département qui disparaît tous les sept ans sous une chape de béton. D'où la nécessité d'une décentralisation progressive des grandes agglomérations afin de leur redonner une dimensions humaine. Et ceci pour faire face à la necessité de vivre en équilibre avec la nature. La disparition rapide et inéluctable des tulipes sauvages est révélatrice de cette rupture dans la relation entre la nature, la terre et la société. Au nom de la rentabilité et de la compétitivité, les métropoles absorberont communes et départements, tout en détruisant les services publics. Les travailleurs sociaux, trait d'union entre une banlieue en relégation et le reste du pays ont un rôle pivot. Accompagnateurs, ils sont à la source de l'expertise sociale. Dehors les médiateurs religieux !

5- Refondre la fiscalité locale. En augmentant les dépenses des collectivités locales, la décentralisation a réduit le poids de l'impôt sur le revenu au profit des taxes locales. Archaïques et peu progressifs, les impôts locaux sont inégalitaires : les riches paient peu dans les communes riches et les pauvres paient beaucoup dans les communes pauvres. Sur le plan de l'éfficacité, comme de la justice sociale, il faut inverser cette évolution., en réduisant la taxe d'habitation et en créant un supplément d'impôt sur le revenu. Le produit de ce dernier sera redistribué aux collectivités locales sur la base de leurs besoins (populations, enfants à scolariser, personnes en difficulté).

 

6 - Effacement des dettes illégitimes des communes. La dette est illégitime quand elle a été  contractée à l’encontre de l’intérêt général.  Avec la libéralisation du système bancaire les collectivités ont pu emprunter pour financer les projets locaux. Seulement, ces acteurs publics ont été victimes de pratiques spéculatives et de ce que l'on appelle les « prêts toxiques » : en France, des taux de l'ordre de 15 % ont ainsi été imposés aux collectivités et des frais exorbitants en cas de remboursement anticipé, faisant courir le risque à l'emprunteur et non plus à l'organisme prêteur. Via le parlement, le gouvernement a fait valider les actes illégaux commis par une banque comme DEXIA. Or, ce n'est pas aux collectivités locales et donc à la population de payer, mais bien aux grandes banques de contrepartie impliquées avec DEXIA dans les prêts toxiques. Car, cette dette est insoutenable quand les municipalités très endettées sont dans l'incapacité de garantir des services publics de qualité.


7 - Construire une économie autour du principe de l'effet de multiplication locale. Le circuit court autogéré (soutenu financièrement comme tel), réparti sur tout le territoire est garant d'emplois non délocalisables. Ce qui suppose un soutien budgétaire des projets locaux autogérés comme les coopératives ouvrières de production et d'intérêt collectif (y compris la presse écrite et numérique), les AMAP (association pour le maintien d'une agriculture paysanne), les associations d'entraide, etc.

8 - En agriculture, il est nécessaire de penser global et de manger local ! D'où une double exigence de relocalisation et de circuits courts. La qualité d'un produit alimentaire est la conséquence de son mode de production. Cette considération exige de revoir de fond en comble le système de distribution des aliments et de redonner aux paysans un rôle clé dans cette évolution. Les travailleurs salariés du secteur comme les petits producteurs souffrent d'une course folle à la rentabilité et au profit, productivisme oblige. Ce n’est donc pas seulement une question de dette ! Bien que le paysan possède plus ou moins son outil de travail, son statut s'apparente de plus en plus à celui d'un salarié. Ce qui mène le paysan à ne plus se vivre comme un producteur libre, négociant le prix de ses produits. Il s'apparente de plus en plus à un salarié revendiquant la rémunération de son travail (ce déclassement avait été analysé par Proudhon au XIXe siècle, pour les artisans). Or, leurs revendications s'adressent aux entreprises de collecte (l'aval). L'État libéral ne se contente plus que d'un rôle d'arbitrage, après avoir étranglé la paysannerie


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